Le mot du directeur
Tous les espoirs sont permis
Dans la perspective de la rentrée de septembre 2012, les sentiments qui nous assaillent sont sans doute bien mêlés. L’envie d’écrire une nouvelle page éducative rencontre la crainte de devoir faire face aux pesanteurs et aux résistances de la réalité quotidienne.
Certes nous avons des raisons d’être inquiets. Notre contexte économique et social préoccupant nous invite à penser que les mois à venir seront à nouveau des temps de restriction.
Certes nous pouvons être frappés par les bouleversements de la famille et de la place du travail dans la société, par la fulgurante contraction du temps comme de l’espace résultant des progrès techniques et scientifiques,par l’éclatement des modèles de référence et l’éloignement de la vérité absolue.
Certes les jeunes peuvent paraître désabusés, et donc, laisser croire par leurs dires ou leurs attitudes, que rien ne vaut la peine, et que la seule certitude est le plaisir de l’instant. L’enthousiasme naturel de la jeunesse semble victime de désenchantement.
Et pourtant, aujourd’hui, nous sommes confrontés à une génération avide de témoignage, en quête de sens, disposée malgré tout à écouter une parole exigeante, à condition qu’un regard bienveillant reconnaisse ses talents et suscite une relation de confiance.
Ne nous méprenons pas. Tous les espoirs sont encore permis avec la jeunesse, avec vos enfants, avec nos élèves. Alors réfléchissons et travaillons ensemble pour aider chaque jeune à valoriser ses talents, à construire son avenir et à porter un regard positif sur l’autre. Accueillons chaque jeune dans notre collège dans sa réalité et accompagnons-le dans son accomplissement personnel.
L’histoire nous enseigne que l’école catholique a traversé des moments beaucoup plus délicats. Elle en est toujours sortie grandie, avec des idées nouvelles. L’examen des temps présents nous assure qu’elle dispose d’infinies richesses en hommes et en femmes, en expertise et en enthousiasme. Elle recèle de multiples forces pour relever le formidable défi de l’adaptation de l’école, véritable lieu social de l’apprentissage, à des jeunes parfois déconcertants et à un environnement économique et éthique instable.
La première ressource dont nous disposons réside dans notre tradition éducative, inspirée par le Père Jean-Pierre Médaille, fondateur de la première Congrégation Saint-Joseph en 1650. Cette tradition nous appelle, non pas à ressasser de vieilles recettes, mais à prendre le risque de nouvelles solutions parce que la liber-té, l’espérance et l’innovation sont au cœur de la conception chrétienne de l’homme. Osons nous inspirer des valeurs initiées par le Père Jean-Pierre Médaille, comme la reconnaissance de la diversité, dans l’élaboration de projets novateurs favorisant la réussite de chaque élève. L’école, les hommes et les femmes qui la font vivre, sont au service de l’apprentissage et des jeunes, avec l’espoir de voir un jour l’élève dépasser le maître.
